Parier sur l’intelligence collective

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Nous avons l’extraordinaire chance de vivre sur une terre que les pères de l’humanisme ont marquée pour toujours par le sceau du dialogue et de l’ouverture à l’autre. Dans des temps de radicalisation en tous genres et de risque de délitement de notre cohésion, valoriser notre héritage en le revendiquant, pour que de loin on vienne se rappeler l’étonnante actualité des travaux de ces penseurs, et que de près on applique plus intensément ces principes fondateurs, constitue une vraie perspective. Faire de la transmission des savoirs une priorité absolue à conjuguer en permanence serait un formidable moteur pour réincarner collectivement l’humanisme des nos pères. A défaut de consacrer à nos grandes figures un musée, réservons-leur une place centrale dans nos lieux de culture et de savoirs, organisons des parcours dans la ville avec une signalétique dédiée, organisons des conférences-rencontres sur leurs travaux, leurs impacts et leurs actualités…

Je suis persuadée qu’il faut permettre au plus grand nombre de pouvoir décrypter l’actualité, les grands enjeux économiques sociaux, sociétaux, pour comprendre les mutations en cours grâce à des modules de savoirs utiles… De même, nous avons lancé une expérimentation « Ecole ouverte » à Bordeaux, dans un établissement dans un premier temps. Il s’agit de faire en sorte que les salles de classe deviennent des lieux de vie et d’apprentissage pour un tout autre public que celui des écoliers et pour tous types de savoirs, apportés par quiconque en aurait… Les connaissances les plus utiles parce qu’elles correspondraient aux spécificités du territoire ou parce qu’elles permettraient de mieux vivre le quotidien, doivent idéalement y être plus spécifiquement dispensés. L’apprentissage des langues étrangères et de la nôtre, de pair à pair par le simple fait de rencontres et de dialogues qui leur donnent vie, semble le plus simple à animer et le plus urgent à développer[1].

Soutenons nos familles dans l’éducation et la transmission des savoirs. Il se dit encore que la famille est la première éducatrice des enfants et j’en suis convaincue. Pourtant, elle est peut-être trop souvent perçue comme secondaire dans son rapport aux institutions comme l’école, le collège, les structures publiques… Le rôle des familles mérite que l’on continue de développer des actions spécifiques de formation et de sensibilisation.

Cette transmission des savoirs dépendra notamment de la qualité de l’accompagnement aux usages numériques. L’éducation à la mise à distance de l’information, à l’éducation comportementale dans la société numérique qui touche la question de la protection des données personnelles, est un défi majeur qui mérite une stratégie collective d’envergure à déployer avec tous les membres de la communauté pédagogique. Le soutien aux tiers lieux ne peut constituer l’unique réponse pour solutionner ce défi. Tout ce qui a un lien avec l’intermédiation numérique et la formation aux usages numériques de tous les encadrants est déterminant. Cela ira de pair avec l’éducation aux grands enjeux de notre société et donc à ceux du développement durable.

Enfin, il faut garantir aux plus fragiles l’apprentissage des savoirs de base. La lutte contre l’illettrisme et l’accompagnement des publics, les plus éloignés et les plus vulnérables, vers les outils de connaissance doivent se développer davantage.

[1] Amin Maalouf dans Les identités meurtrières rappelle la place fondamentale des langues

… La suite mercredi prochain

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