Le citoyen sachant et apprenant

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Droits culturels, enseignement de pairs à pairs, mécénat de compétences, expertise d’usage, tous les nouveaux concepts démontrent qu’il y a un grand élan sur le terrain qui constitue une vraie rupture. Le citoyen dans ce qu’il est profondément pourrait transmettre son savoir, son expérience, sa culture pour peu qu’on en accepte le principe et qu’on libère son autonomie pour le faire. Cela revient à admettre les capacités du plus grand nombre, si ce n’est de tous, à redevenir acteur de plusieurs destins : le sien, celui de l’autre et celui de la société.

Deux exemples bordelais très précis m’ont fait comprendre le potentiel énorme de cette révolution en cours. Les Accorderies de France ont un concept simple : l’échange d’heures. Je sais donner des cours de salsa et je peux le faire deux heures par semaine. J’aurais ainsi le droit à x heures de bricolage que pourrait me donner un autre adhérent. We job est une toute jeune association qui fait le pari qu’en encourageant et en accompagnant de jeunes cadres sans travail à se prêter main forte en partageant réseau, réflexion, solution et partage, le retour à l’emploi sera plus rapide.

Par ailleurs, en tant que membre du jury sur l’innovation sociale de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale, j’ai remis un prix à une association de seniors pratiquant de la marche nordique : des seniors apprenant la pratique de ce sport en deviennent des ambassadeurs et des professeurs qui cherchent et forment de nouveaux adeptes. De fil en aiguille, les fameux ambassadeurs s’occupant de leur santé et luttent contre le risque d’isolement. Un journal est rédigé pour tous les habitants du village qui sont redevenus acteurs de la vie de celui-ci.

Ces actions peuvent paraître utopistes ou anecdotiques, d’autant qu’elles ne rencontrent pas toujours un succès rapide et pérenne, mais elles démontrent en revanche très clairement que beaucoup de solutions dépendent, non pas du système administratif, mais des citoyens eux-mêmes. Il ne s’agit pas seulement de susciter du bénévolat, d’inciter les salariés au mécénat de compétences, donc de trouver de la main d’œuvre à très faible coût pour participer à des actions décidées par quelques uns, y compris pour l’intérêt général. Ce qui est à l’œuvre est plus puissant encore puisque le citoyen a recours à ses propres capacités de faire pour interagir sur un projet que lui-même définit ou co-définit.

La suite mercredi prochain

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