Entre sagesse et folie : quelle place pour nos aînés ?

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Un Bordelais sur cinq aura en 2020 plus de 60 ans et même s’il se dit que 114 ans serait l’âge maximum atteignable, la science pourrait repousser cette limite. Le dernier prix Nobel de médecine a récompensé le Japonais Yoshinori Ohsumi pour avoir caractérisé le système qui permet à la cellule de recycler ses propres déchets. Le transhumanisme en tant que mouvement culturel et intellectuel prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Y a-t-il débat plus fondamental que celui posé par ce mouvement en cours ? Il ne s’agit pas seulement de repousser l’âge de notre mort et les conditions de sa survenance. Il s’agit de partager ensemble les conséquences de ces modifications, les moyens pour que chacun les appréhende dans l’entièreté de leur nature. Le cofondateur de Google, Larry Page, rappelle que « Si on résolvait le cancer, on ajouterait seulement trois ans d’espérance de vie moyenne ».

Le boom du quatrième âge bouscule le fonctionnement de notre société. La loi récente relative à l’adaptation de la société au vieillissement doit nous aider à gérer ce phénomène sans le lire exclusivement sous l’angle de la dépendance. Quelle place laissons-nous aux seniors comme acteurs de la société ? Quelles activités inclusives doit-on promouvoir pour quelle vieillesse ? Nos sociétés modernes vivent une véritable transition épidémiologique, transformant un grand nombre de pathologies aiguës en maladies chroniques, associées pour un grand nombre à une réduction de l’autonomie. Les aidants sont essentiels. Ils sont divers et jouent une fonction incontournable dans l’accompagnement, la compensation de la perte d’autonomie et dans le maintien à domicile. La place des seniors dans la ville justifie que nous réfléchissions à l’échelle d’une commune à nos services de proximité et de médiation pour s’assurer que nous puissions prévenir plus que guérir avec comme seul recours les urgences hospitalières ou sociales. Les familles, les commerçants, les voisins jouent un rôle déterminant qu’il faut renforcer.

Comment organisons-nous la cité pour que les seniors de plus en plus nombreux s’y sentent sereins, heureux et utiles ? Comment favorisons-nous les liens entre nos seniors et la jeune génération ? Comment les nouveaux services numériques peuvent les accompagner dans leur santé et leur sécurité ? De nombreux dispositifs existent : MAIA – plateforme autonomie senior -, équipe mobile gériatrique, PAERPA… pilotés par la ville, le Conseil départemental, l’Agence régionale de santé et impliquent de nombreux professionnels : médecin généraliste, infirmier, auxiliaire de vie… L’hôpital est souvent le dernier recours, dernier lieu ouvert dans la ville 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, 365 jours sur 365, assumant en notre nom notre obligation morale d’hospitalité. Les enjeux sont majeurs, éthiques parfois. Nous devons les préempter collectivement, de manière bienveillante et engagée car ils touchent à l’intime et exigent beaucoup de pédagogie.

Dotons la ville d’un Conseil éthique des sages pour imaginer et assumer l’impensable de la vie que l’âge et la maladie physique et mentale nous contraignent à affronter.

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