Ces acteurs locaux, ciment de notre cohésion

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Les centres d’animation, les centres sociaux, les espaces de vie sociale, les maisons des jeunes et les maisons de quartier sont des lieux de vie cruciaux pour la cohésion. Les bénévoles y travaillent en masse, accompagnant avec les salariés, familles, enfants, personnes âgées de nos quartiers. Des milliers de citoyens sont reçus à Bordeaux chaque jour dans ces lieux qui constituent un vaste réseau de professionnels et de bénévoles connus et reconnus par les habitants. Certaines de ces structures reçoivent un agrément de la Caisse d’allocations familiales qui, en posant une série d’obligations et seulement si elles sont respectées, déclenche le versement d’une subvention de fonctionnement. La ville s’associe à la définition de ces obligations et déploie de manière plus conséquente encore des financements aux structures.

C’est par leur très grande proximité, disponibilité et constance qu’ils arrivent à nouer des liens de confiance avec ces publics. Il se dit des choses dans ces lieux qui ne se diraient nulle part ailleurs ; ce que ces structures arrivent à créer au cœur de nos quartiers a une valeur inestimable. Cela les rend souvent fragiles car tout est émotion même si elles se raisonnent en permanence, tout est humain et rarement comptable, ce qui les rend parfois approximatives mais presque toujours justes. Parfois, l’atmosphère d’un quartier ne tient qu’à un fil, celui d’un homme ou d’une femme reconnu comme un pair bienveillant, irremplaçable. Ces hommes et ces femmes porteurs du « care », volontaires pour envelopper d’autres individus dans un biotope rassurant, savent souvent mieux que quiconque détecter la santé sociale d’un quartier et la nature des préoccupations les plus fortes. Beaucoup d’entre eux font remonter l’alimentation comme l’une d’elles.

Ces structures sont parfois devenues des sortes d’annexes de nos institutions en ce qu’elles doivent conduire en masse des missions de plus en plus institutionnelles, comme c’est le cas avec la réforme des rythmes scolaires. Cela pose un débat de fond car la réponse à cette réforme chronophage et normée les pousse à gérer quantité d’enfants dans le souci de l’égalité de traitement mais limite, de fait, le temps qu’ils peuvent consacrer à aller à la rencontre des publics qui ne sont pas dans ces cortèges captifs. Cette perte d’agilité et cette nouvelle responsabilité de mettre en œuvre de grosses missions affiliées à un service public les empêchent, je crois par manque de temps, de développer de nouvelles compétences en se frottant à d’autres professionnels qu’eux et les contraint à entrer, parfois, dans des logiques comptables en sécurisant des budgets pour payer une masse salariale aux horaires fragmentés.

Notre ville accueille de plus en plus d’habitants : le nombre de ces structures devra augmenter pour apporter ce même haut niveau d’accueil partout. Les budgets étant ce qu’ils sont, des choix devront être opérés qui ne sont pas du tout neutres pour redéfinir les priorités quartier par quartier. Certaines missions et actions devront être abandonnées ou reprises en main directement par des services administratifs ou par une autre structure probablement associative jugée collectivement plus efficace. Certaines missions, au contraire, devront être sanctuarisées et/ou développées : la jeunesse, la participation des plus éloignés à la vie démocratique, le lien avec les familles, le défi de la langue, celui de l’accès à la culture, celui de l’alimentation…

Bordeaux a la chance extraordinaire de pouvoir compter sur une dynamique associative très intense (600 associations se créent chaque année), sur un réseau de grosses structures avec, à la tête de chacune d’elles, des figures reconnues. Nous devons à l’échelle de chaque quartier ancien et nouveau et grâce, là encore, à de solides diagnostics et à une gouvernance élargie, passer le cap des évolutions en cours, notamment démographiques en questionnant les compétences métiers. L’alimentation, par les multiples facettes qu’elle comprend, est un des sujets qui peut constituer un vrai projet fédérateur dans cette dynamique de fond.

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