Le grand stade : mon douloureux compromis

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

J’ai toujours voté en faveur de chaque délibération se rapportant au grand stade de Bordeaux parce que je me suis sentie comptable de la majorité et que cela m’aurait semblé déloyal par rapport à Alain Juppé de ne pas m’y conformer. J’avais dit en son temps, en séminaire, le doute que j’avais sur cet équipement, ce qu’il représentait symboliquement et écologiquement. On m’avait répondu que ce n’était pas discutable. Je l’ai accepté.

Un grand équipement qui, en 2016, est resté à moitié vide, même les jours de match de nos girondins et totalement vide les jours sans match. Un équipement pour nous permettre d’accueillir une fête européenne autour du ballon rond qui rassembla notamment des dizaines de milliers de fans dans des zones hyper sécurisées pour s’amuser et se réjouir sûrement autour de verres, sans garantie de retenue. Voilà une réalité qui heurte profondément les tenants de la modération en tout, ceux qui aspirent au ralentissement de la consommation tout azimut. Le fait que 650 millions de téléspectateurs puissent voir à quatre reprises un film de deux minutes sur notre ville et notre région durant l’Euro 2016, offrant ainsi une médiatisation historique qui générera tourisme, emploi et richesses, n’est pas un argument qui peut les convaincre. Permettre au plus grand nombre de voyager à faible coût en avion pour venir voir un match dans un équipement exceptionnel avec des finances publiques en tension est, selon eux, une folie. D’un côté, il se dit que ce stade permettrait de se maintenir dans la compétition mondiale des villes influentes et de l’autre, il est perçu comme une dépense écologique irresponsable. Ce sont les notions mêmes de compétition, de mondialisation et d’hyper consommation qui sont en question. Cette triple nécessité pour survivre pour les uns est une triple aberration pour les autres qui considèrent que les conséquences de cette ambition sont hors de prix.

Ce débat politique, et non politicien, est porteur de sens : il l’est sur nos choix pour préparer l’avenir, sur ce que nous voulons montrer au monde pour que Bordeaux reste attractive. Le stade est construit, il avait été annoncé clairement et l’équipe élue d’Alain Juppé, dont je suis, fut celle qui l’avait proposé. Même si les citoyens n’avaient pas complètement perçu ni les conséquences ni la vision de société qu’incarnait ce stade, le débat démocratique a eu lieu. Et la ferveur dans notre Colysée bordelais ne peut pas se nier.

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