L’économie circulaire n’est pas une niche

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Darwin est parfois présenté comme la réussite insolente d’entrepreneurs très bons communicants, ayant opportunément saisi des espaces publics à coût très maîtrisé grâce au soutien des pouvoirs publics. Je veux, moi, surtout y voir l’incarnation d’un nouveau modèle alternatif, animé grâce à des pratiques décloisonnées et connectées comme les organes d’une matrice vivante, évoluant sans cesse.

Darwin c’est le plus grand restaurant biologique de France qui gère ses bio-déchets via l’association « Les Détritivores » installée sur le site. Compost alimentant des jardins urbains qui pourraient contribuer à nourrir certains citadins, pour commencer, dont les réfugiés sur place. Réfugiés pouvant, pourquoi pas un jour, trouver un débouché dans les métiers du recyclage… Darwin, c’est l’une des nouvelles scènes de Bordeaux, accueillant en masse des publics le plus souvent jeunes, utilisateurs pour certains du skate park, pour d’autres aussi graffeurs et souvent engagés, du moins le peuvent-ils sur site, notamment au travers du festival Ocean Climax engagé sur l’urgence climatique. Le public des festivaliers boit une bière bio, désormais produite dans les lieux, moins alcoolisée que d’autres… et peuvent utiliser la monnaie locale, la MIEL. Bientôt, les entrepreneurs sociaux du site pourraient laisser leurs enfants dans la crèche alternative, malgré l’investissement important que cela représente… Et ainsi de suite.

Bref, ce qui intéresse le public de Darwin, c’est la cohérence de ce qui est offert : la traçabilité de ce qui se boit, se mange, s’exprime, se consomme, le tout dans une intention de sobriété écologique. Ce qui se vit dans le plaisir ne doit pas peser sur la planète, ne pas polluer. L’économie circulaire, appréhendée dans sa dimension purement technique, se limite à la notion de réemploi maximal et à la production la plus sur-mesure possible en anticipant l’ensemble des impacts pour en limiter les négatifs. Les fondateurs de Darwin poussent le raisonnement nettement plus loin en abordant la notion de cycle de vie : l’individu vivant à Darwin peut concrètement agir pour un nouveau modèle de société responsable en termes d’énergie, d’alimentation, de déchets, de sociabilité… Il appartient à chacun de vivre l’expérience pleinement et de comprendre les fondements autant que les exigences de ce que cet écosystème propose. Nul ne peut nier que cette expérience est possible à vivre à Bordeaux. Elle démontre qu’un autre développement est envisageable, à bien plus grande échelle donc.

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