Pourquoi la récolte et le partage de données sont-ils un enjeu stratégique ?

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

L’accès aux données est le nœud de notre système démocratique et la clé de sa consolidation. Le citoyen ne le réclame pas en tant que tel car il n’a pas pleinement conscience de cette vérité. Et pourtant, savoir pour comprendre puis pour juger et enfin pour contester ou soutenir : n’est-ce pas là, le droit et la responsabilité de chacun ? Quelles que soient l’attitude ou la posture du citoyen, elles sont très souvent la conséquence de la réalité de son accès, ou pas, aux données, aux savoirs, à l’état des lieux, aux conditions exactes qui ont conduit à ce que telle ou telle décision soit prise.

En coupant le peuple de la réelle compréhension des enjeux et de la rédaction des propositions programmatiques, les élus se sont égarés. La simplification outrancière de toute forme de débat cache cette réalité précise : le peuple se désintéresse de l’action publique ou se déchaîne pour des questions symboliques mais sans pouvoir participer à des débats de fond. Les diagnostics et les analyses à partir desquels les décisions s’engagent doivent être publics, partagés, donnés à voir clairement et pédagogiquement. Tout nous y enjoint normalement : l’obligation de publier l’analyse des besoins sociaux – portrait socio-économique des habitants -, l’open data… Autant d’obligations légales qui participent de la même idée : il faut partager la connaissance pour avoir une chance d’être compris dans ses choix. Aujourd’hui, les informations données le sont souvent de manière éclatée, étalée dans le temps, sans démonstration éco-systémique qui plus est. Elles se présentent malheureusement sous des formes austères, inaccessibles, désincarnées. Une pédagogie active sur tout, tout le temps, en profondeur et en transparence, c’est ce vers quoi nous devons tendre.

L’accès aux données est aussi un enjeu économique majeur : les partager pour permettre aux plus compétents d’agir, pour surmonter les défis qui s’imposent à nous, est une nécessité. Les institutions ont beaucoup de données. Pour les analyser, les compléter, s’en servir pour affiner nos actions, nous devons nous ouvrir à l’université et aux entrepreneurs sociaux. Cela pose évidemment la question de la protection des données. Dans notre société hyper fragmentée qui repose sur la maîtrise des algorithmes, il est vrai désormais que la surveillance des données n’est plus centralisée par l’Etat mais contrôlée par ceux qui ont un intérêt, parfois marchand, à analyser nos comportements. Ce débat sur les données est donc éthique et technique. Il doit être public, il est essentiel. La réussite de l’Incubateur reposera en tout cas sur nos capacités à collecter, partager, utiliser des données collectivement.

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