Plus que de nouvelles têtes : un vrai statut

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Le statut de l’élu est un mirage dont on ne parle d’ailleurs quasiment plus. Dans un monde confronté à des défis phénoménaux, comment ne peut-on pas collectivement inscrire comme prioritaire un débat sur le statut des élus ? Comment sont-ils formés ? Par qui ? Comment garantissons-nous leur indépendance pendant la durée de leur mandat et ensuite, pour pouvoir quitter sereinement ce statut cannibale ? Comment sont-ils accompagnés pour formaliser leurs points de vue ?

Ces débats auraient l’avantage de toutes les catharsis, tordraient le cou à toutes les contre-vérités et nous obligeraient à prendre des décisions d’envergure. Voulons-nous des élus experts ou pas ? Si nous voulons des élus experts, capables de maîtriser les rouages de l’Administration, de corriger, voire de réinventer les systèmes et les protocoles administratifs, acceptons-nous activement ce que cela veut dire dans les faits ? Aujourd’hui, les chefs des exécutifs, les leaders sont presque toujours des experts. Voulons-nous que tous les membres de leurs équipes le deviennent aussi ? Si nous voulons des élus experts, prenons-nous les plus performants ? Mais qui jugerait alors la nature de cette performance recherchée ? Ou, au contraire, souhaitons-nous que l’essentiel des élus ne soient pas experts si ce n’est de leur expertise d’usage, de leur citoyenneté, tirée du seul fait d’être un citoyen lambda qui vit dans la cité ? Accepterions-nous alors que les élus, qui nous représentent, sachent faiblement formuler une prospective et des plans d’actions, sans approche globale ?

Le débat se focalise aujourd’hui uniquement sur le cumul des mandats mais sans sécuriser l’élu sur le respect que nous devrions avoir de la fonction de représentant qu’il exerce, et la certitude, qu’après l’expérience, il pourra reprendre le cours de sa vie, sans être un grand brûlé. Evidemment, il va aussi falloir choisir si l’on veut des élus à plein temps, avec une juste rémunération, ou si l’on veut des élus à temps partiel, travaillant en parallèle dans des emplois compatibles avec leur fonction élective. A ceux qui veulent réduire les rémunérations, interdire les cumuls, dénoncer les incompatibilités, je dis qu’il faut tout mettre sur la table et avoir avant tout la volonté de donner à ceux qui représentent le peuple les moyens de le faire sans être obsédés par les propres risques de leur destinée personnelle. Travailler sur le statut de l’élu est urgent. Les élus eux-mêmes devraient le mettre en haut de leurs priorités ! Ne pas céder à la peur qu’on les jugerait égocentriques et manipulateurs, mais au contraire revendiquer qu’un élu légitime et indépendant sera plus performant et complètement à l’écoute de ceux qu’ils représentent.

Ce n’est pas en changeant radicalement la classe politique qu’on dépassera les limites du système actuel. Les nouveaux visages, les nouveaux esprits qu’on survend ici et là, seront digérés rapidement si la posture ne change pas, si le statut des élus n’est pas revu. C’est urgent.

 

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