Fidèles mais… médiocres et débiles

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Quartier des Aubiers. 10h. Un samedi de juin. C’est le quartier le plus pauvre de la métropole : le revenu fiscal moyen des habitants ne dépasse pas 500 euros par mois. Alain Juppé n’est pas venu depuis que nous avons été élus en mars 2014. Il est attendu par les habitants de pied ferme mais le cœur tendre.

La veille, l’Express dévoilait un dossier consacré à Virginie Calmels : je m’y exprimais comme d’autres en précisant qu’Alain Juppé nous avait fait part de son choix pour sa succession et que je me déciderai le moment venu en fonction d’éléments concrets, en ne cachant ni mes différences ni ma vigilance. Sud-Ouest en avait fait (gentiment) ses choux gras dans son tire bouchon le matin-même. J’attendais Alain Juppé à l’entrée du centre social des Aubiers, entourée d’élus, de fonctionnaires et autres responsables associatifs et entrepreneuriaux, très au fait de ma liberté de ton et de ma dernière expression publique. Les attaques sur Twitter à mon endroit furent immédiates dès la sortie du mensuel et sans subtilité : jugée déloyale, il se disait aussi que ne pas accepter le choix du chef pour sa suite revenait à perturber son combat national. Alain Juppé lui-même dans ce dossier avait choisi des qualificatifs très durs : « débiles… médiocres », à l’endroit de ceux qui avaient fait part de leurs doutes en revendiquant leur liberté de choix et de penser, d’autant plus qu’il était rare qu’il s’exprime ainsi.

J’avais beaucoup travaillé sur sa visite du jour avec l’adjointe de quartier, nous étions fin prêtes. Certains d’entre nous nous interrogions sur la réaction qu’aurait Alain Juppé en nous abordant. Souriant, disponible et disposé, il me salua en fait avec affection. Quelques mètres plus tard, avec cinq ou six personnes autour de nous dans une marche forcée, il me dit des mots simples : « Tu sais que je t’aime beaucoup ». Le ton est solennel et fort, l’objectif évident, parfaitement atteint. Une remise en confiance, pas de colère, un pas de côté. Dix-huit années de travail dernière cet homme, des centaines d’heures à réfléchir et à agir pour lui, constituaient ce matin-là encore un socle de confiance inébranlable.

Définitivement concentrée sur la réussite de la matinée, le cœur léger, je savais que les temps à venir pourraient être orageux mais que la sincérité et le travail étaient définitivement les meilleures garanties de ma liberté de penser.

La suite mercredi prochain

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