Demain à Bordeaux

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Sondages et succession

A mesure que les sondages le donnèrent favori aux primaires, la question de la succession d’Alain Juppé à Bordeaux se mit à résonner à peu près partout. Il avait choisi d’éviter ce débat pendant la campagne des municipales, les journalistes n’avaient pas souhaité en parler non plus. Pour autant, il avait mis dans l’ordre protocolaire en numéro un, Virginie Calmels, parisienne issue de la finance et ayant dirigé entre autres un groupe d’audiovisuel, en lui confiant la charge du développement économique et de la croissance durable. Nicolas Florian était deuxième sur la liste, avec la charge des finances, des ressources humaines et de l’administration générale, mais aussi avec celle de notre majorité. Je les suivais en troisième position.

Alain Juppé avait choisi, depuis 2008, de ne pas nommer de premier adjoint en tant que tel. Un premier adjoint remplace normalement le maire en cas d’absence, il gère la majorité et peut embrasser la totalité des enjeux municipaux. Tant qu’il était maire sans mandat national, Alain Juppé ne voulait plus de premier adjoint. Hugues Martin, ancien maire, ancien député, tout en occupant la première place de la liste après Alain Juppé et ayant la charge de la majorité, ne s’était pas vu confier cette fonction particulière et très distinctive. Alain Juppé, par ce choix, voulait faire comprendre qu’il se consacrait pleinement à sa ville et à ses administrés. Nous étions toujours sur cette ligne, du moins jamais ne fut-il dit en public, ou en privé en réunion de majorité ou en rendez-vous, que nous étions entrés dans une nouvelle ère. Il ne nous fut pas dit non plus que la succession était bouclée, que nous devions accompagner l’héritier ou l’héritière dans ce statut. Cette non-annonce était d’ailleurs plutôt rassurante au regard des messages envoyés par les citoyens à leurs responsables politiques. Les Bordelais aiment Alain Juppé, ils ont confiance en lui, au point d’être, pour une bonne partie d’entre eux, fiers qu’il ait décidé de tenter la présidence de la République aux travers de la primaire. Ils sont attentifs à ce qui se passera après lui, même si leur quotidien et celui de leurs proches occupent en priorité leurs esprits, et même s’ils savent bien qu’en politique, tout est possible. Il y avait donc à la mairie comme un non-dit qui planait et qui fut ensuite raconté comme une évidence. L’héritière se révélerait naturellement et la population l’accepterait sans débat. Alain Juppé choisit la méthode du recadrage pour nous en convaincre tous.

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