Merci !

 

Monsieur le Premier ministre,

Chers tous,

 

Je suis vraiment très émue de partager avec vous ce rendez-vous particulier, dans ma vie et celle de ma famille, avec la République.

Je le suis d’autant plus, que vous avez accepté, monsieur, de m’accompagner dans cette cérémonie, pour franchir une nouvelle étape. Vous l’avez d’ailleurs fait souvent depuis que je vous connais.

Vous m’avez proposé de vous rejoindre dans votre équipe en 2008. Pourtant je n’avais jamais milité pour un parti. Puis, vous m’avez confié de lourdes responsabilités dans plusieurs collectivités à Bordeaux, à Bordeaux Métropole et dans la région Nouvelle Aquitaine.

Chacun sait ce qui nous lie et moi la première.

Chacun doit savoir aussi que vous donnez à ceux à qui vous confiez des missions, une grande liberté et une grande indépendance d’actions. Vous nous laissez évoluer à notre rythme, chacun sur nos chemins, à condition que nous travaillions pour l’intérêt général. Je suis certaine que parfois mon positionnement vous interpelle mais j’ai choisi de penser que vous me faites avant tout confiance. Je m’efforce au quotidien de ne jamais renier mes convictions et de les partager en toute franchise. Je suis profondément heureuse d’être élue et fonctionnaire, je m’accomplis pleinement et je mesure ma chance de pouvoir le faire au service des autres.

Vous m’avez appris à m’émanciper : la fidélité n’empêche pas l’émancipation heureuse, elle la rend au contraire possible. Je vous remercie pour cela et pour vos mots auxquels je suis très attachée.

Les mots comptent toujours. Je reprends cette belle formule de Victor Hugo : « la forme : c’est le fond qui remonte ».

Nous sommes entourés, Monsieur le Maire, ce soir de ma famille, de mes amis et de gens qui comptent vraiment pour moi.

Et je vous ai invité, chers tous, pour vous témoigner ma profonde reconnaissance. Chacun de vous m’a transmis sa part de foi, d’exigences, de détermination et d’audace sans laquelle, je ne serai pas là ce soir devant vous.

Je vous vois, je vous vis, je vous espère et je n’ai pas peur de l’avouer, je vous aime comme des compagnons de route et de combat. Soyez certains que chacun de vos parcours me provoque positivement et m’incite à penser et à agir. Je me nourris de vous et cette médaille est le fruit de nos rencontres et de nos réalisations communes.

Je la reçois pour nous tous, comme un encouragement à poursuivre, à vos côtés, notre ambition : celle d’améliorer la condition humaine et de participer au changement de civilisation en cours.

Rien de moins.

 

Je suis souvent traversée par la peur de ce qui pourrait nous arriver si nous ne nous obligeons pas ensemble à toujours plus de lucidité et de fraternité. Mais je veux surtout être confiante dans notre capacité à nous battre pour nos convictions. Les miennes sont claires, elles s’enracinent et se déploient chaque jour davantage :

~ Je veux d’abord contribuer à protéger et à respecter toutes les formes du vivant, la nature et l’homme

Je commence par la nature : petite fille d’agriculteurs et de viticulteurs, j’ai le respect de la terre, du cycle des saisons et du génie de la nature chevillé au corps. Ma passion pour les arbres et leur capacité de résilience m’inspire autant que les dernières prouesses technologiques. Mes dix années passées à La Cub pour animer les Juniors du développement durable et pour accompagner 10 000 écoliers chaque année avec leurs enseignants, m’ont convaincu qu’ éduquer et agir pour la planète est une nécessité absolue. Le temps de choix radicaux presse.

Je poursuis avec l’homme d’ailleurs totalement dépendant de la nature : évidemment je suis sensible aux autres, à tous les autres. Je suis certaine que nous avons tous besoin d’empathie et de bienveillance pour nous épanouir.

Ma vie d’élue m’offre des milliers d’occasions de voir le pire mais aussi le meilleur dont vous êtes les acteurs.

L’éradication de la pauvreté et de la souffrance n’est pas une utopie, et elle ne concerne pas une petite marge d’irréductibles : elle se place au sommet de mes engagements politiques. Le plus vulnérable d’entre nous reste avant tout un citoyen. Jamais rien n’est définitivement perdu et tout est toujours possible. Prendre soin de l’autre est la meilleure façon de progresser collectivement. Sur le flanc de la montagne tout le monde est attaché, Monsieur le President de la République, du premier au dernier de cordée : aucun ne doit tomber. Agir pour les plus vulnérables ne revient pas à oublier les autres : au contraire ce sont des situations les plus complexes qu’on apprend le plus pour aider ensuite tous les autres.

Le bouleversement climatique déstabilisera nos organisations : l’inclinaison de la montagne et les conditions pour la gravir. Cela nous obligera à accompagner de nouvelles formes de vulnérabilité et à développer de nouvelles capacités d’adaptation. Je veux être au rendez-vous de ce défi.

~ Ensuite, je veux contribuer à la révolution des savoirs et de la connaissance, en favorisant toutes les formes de relations et de transmissions. Dans un monde aux flux ultra rapides et infernaux, parfois inégalitaires, la révolution de la communication doit nous permettre de mieux accueillir l’autre, de mieux se connaître et de partager bien davantage, de partager nos savoirs et nos émotions.

J’aime passionnément notre ville, autant pour son héritage humaniste que pour toutes les initiatives qui se déclenchent dans nos 8 quartiers et qui permettent le croisement des savoirs et l’addition des émotions. Je connais particulièrement bien les quartiers Politique de la ville mais ce qui est vrai dans ceux-là l’est aussi dans les autres : l’accorderie à Bordeaux Sud, les travaux de Nicole Concordet à Claveau, Pola et Darwin à la Bastide, Local attitude au Grand parc, Promofemmes à Saint Michel, les marcheuses aux Aubiers, le Node au centre ville, les goûters chaque vendredi soir de la place de Saint Augustin, ce qui se fait dans chacun de nos centres… toutes ces expériences qui contribuent à notre attractivité reposent sur ce goût de la transmission et de la relation à égal et à équité.

Fille d’enseignants je connaissais parfaitement le rôle central de l’école, depuis j’ai appris à comprendre qu’on doit pouvoir apprendre et transmettre partout et à tout âge, de n’importe qui et n’importe où.

~ Je veux enfin continuer à soutenir ceux qui entreprennent, qui osent, qui inventent, qui innovent sans tomber dans la caricature du culte de la Start-up.

Je suis la femme d’un entrepreneur que j’admire et je sais le courage qu’il faut aussi pour s’engager, et avec soi toute sa famille, pour entreprendre. Et derrière le mot d’entrepreneur je vois une communauté d’acteurs pas seulement entreprenariaux mais aussi associatifs. Ils leur arrivent de transgresser, de digresser même, et ça ne peut pas être autrement car ils bousculent les habitudes et les conforts.

En tant qu’élu nous devons lutter contre notre tentation d’omnipotence et d’omniscience et leur faire confiance avant tout, lâcher prise. Je suis émerveillée de rencontrer dans mon bureau d’élus de plus en plus de jeunes entrepreneurs qui pensent et agissent « social, économique et écologique ».

C’est le moment pour moi de saluer mon équipe sans laquelle rien ne serait possible. Ils se frottent sur le terrain chaque jour à ces acteurs et aux publics, les mettent en relation, facilitent les transmissions en gardant toujours leur mission d’intérêt général dans chaque centimètre de leur être. Ils sont mes héros du quotidien. Je crois en chacun d’eux et je voudrais leur dire qu’ils font de grandes choses en silence, cette médaille et cette reconnaissance qu’elle incarne est la leur. Je voudrais redire ma passion pour la chose publique et mon immense respect pour les fonctionnaires dont l’essentiel produit un travail constant et précis. Cette administration a besoin qu’on l’aide à muter, à se former, à s’adapter a redéfinir ce que sont les services publics du 21eme siècle. Elle a besoin qu’on ne la caricature pas.

Nous vivons un moment de grande fragilité : il nous faut tous muter, faire évoluer radicalement nos organisations dans la plus grande bienveillance possible, probablement même redéfinir pour Bordeaux Demain, ensemble la place du citoyen de l’élu et de l’administration. Aucune transformation n’est possible si elle se décide de manière technocratique et désincarnée. Il y a dans la société civile et en particulier à Bordeaux, des trésors de savoirs faire et de savoir être qui sont un terreau magnifique pour avancer.

J’aimerais, Monsieur le maire, contribuer avec beaucoup d’autres à libérer sans libéraliser, à transcender sans mépriser, à transformer sans opposer.

 

Pour conclure, je veux m’adresser à mes parents et mes enfants, à mon mari, mes beaux-parents, nos frères et sœurs, nos oncles et tantes… Nous sommes nombreux, une vraie meute. Si vous n’étiez pas là, infatigables, aimants, intelligents, attentifs, je ne serais pas ce que je suis. Je n’oublie pas une seconde ce que je vous enlève, je reste concentrée pour que ces sacrifices répondent au sens de la République qui vibre en nous.

Alexandra SIARRI

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