Les précarités, seulement les nouvelles

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

 

Véronique Fayet aurait pu être Maire de Bordeaux en succédant à Alain Juppé, mais pour des raisons qui leur appartiennent, elle et lui n’ont pas su ni pu s’entendre autour de cette perspective. Ils en garderont une blessure évidente pouvant se vivre comme une menace. Face à cette menace j’incarnais une réponse. Je ne le compris que beaucoup plus tard ; je le pris d’abord comme une chance, puis comme un sérieux avertissement. La fibre sociale, ce qu’elle met en lumière et les combats auxquels elle conduit tout naturellement, dérange tôt ou tard. C’est d’ailleurs une vérité qui mérite qu’on s’y attarde un peu. Ce sont souvent des femmes qui se voient confier des responsabilités dans le domaine du service à la personne : associations, petite enfance, éducation, seniors, action sociale. C’est au sexe féminin qu’on reconnaît la capacité de prendre à bras le corps ces délégations et dans lesquelles, ensuite, on les enferme. La sensibilité qui leur permet de conduire ces missions leur interdirait d’occuper d’autres fonctions. Un trop grand désir de « care », un trop grand engagement sur les questions de vulnérabilité seraient incompatibles avec une fonction de leader.

La majorité des citoyens va bien mais 25 % d’entre eux rencontrent des difficultés de simples à sévères. Très longtemps l’action sociale a servi à prendre en charge cette minorité qui grossit aujourd’hui sous le poids de multiples facteurs. C’est la majorité qui assume cette minorité. Il faut absolument qu’elle le fasse maintenant différemment grâce à une organisation totalement réformée. Notre système est à bout de souffle ; il mécontente le plus grand nombre alors même qu’il est salué à travers le monde comme exemplaire. La fraternité républicaine nous commande de nous y engager, le pragmatisme nous l’impose. Nul n’ignore plus qu’il faut le réformer. S’occuper des plus fragiles permet d’avoir une vraie lecture globale de la société, de ses limites et donc des moyens de les transcender.

Véronique avait un statut différent dans l’équipe et comptait le garder. Je fus donc en charge de ce qui était nouveau. J’en pris mon parti. Très vite, je me suis retrouvée dans le dur et pas du tout dans la théorie. J’ai dû surmonter une double épreuve : répondre à l’exaspération des citoyens et à l’urgence sanitaire de certains bénéficiaires.

 

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2 réflexions sur “Les précarités, seulement les nouvelles

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