Nicolas le vaillant

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Il y a, en politique, des gens fidèles et loyaux : Nicolas fait partie de ceux-là. Alain Juppé l’a nommé secrétaire général de l’UMP – Les Républicains de Gironde, dont il est lui-même le président. Nicolas est le gardien du temple, il est la voix du patron et lui évite les coups. Calme, modéré, tacticien, il est avant tout respectueux de chacun. Il n’a pas la grosse tête et s’occupe adroitement de tous ceux qui la prennent. Je l’ai rencontré lors des Régionales de 2010 : le fait que je le précède d’une place sur la liste n’a provoqué aucune autre réaction que la recherche d’efficacité. Nous allions être souvent ensemble, quelles seraient nos complémentarités ? En quoi notre duo aux profils tellement différents, lui cacique d’un parti et moi produit de la société civile, pourrait être une vitrine pour cette campagne et pour Alain Juppé ? Voilà ce qui l’a préoccupé exclusivement.

Nicolas connaît le département sur le bout des doigts et les militants comme un médecin de campagne connaît tous ses patients et les histoires de ceux-ci. Nous avons roulé sur toutes les routes des centaines de kilomètres et invariablement j’ai été témoin du nombre invraisemblable d’appels téléphoniques de toutes parts qu’il recevait et auxquels il répondait avec le même ton affable et une sincère implication. Toutes les campagnes se gagnent aussi grâce à tous ces réseaux : ceux-là ne peuvent produire bénévolement des actions que s’ils donnent leur confiance à des personnes comme Nicolas, en permanence à leur écoute.

J’ai aimé toutes ces salles des fêtes occupées pour des réunions simples, loin des mises en scène parisiennes spectaculaires, que Nicolas sait animer comme personne d’autres.

 

Je ne connaissais rien du fonctionnement du Conseil régional. J’étais, comme la plupart des citoyens, très loin de cette institution qui gère des fonds européens, contractualise avec l’Etat et les autres collectivités. Pourtant, c’est lui qui gère les universités, les lycées, les questions agricoles, les enjeux économiques… En quelque sorte tout ce qui relève de la stratégie et des grands schémas émane de la région. J’ai fait campagne sans formation particulière : je me revois plongée dans les pages du site internet du Conseil régional, noircissant nerveusement des cahiers pour comprendre, me construire des repères de base. Accompagnée de ténors et de conseillers régionaux sortants, j’ai cheminé au fur et à mesure de la campagne avec enthousiasme et posant, au fil de mes rencontres, mes valeurs gaullistes. J’ai proposé foultitude de rendez-vous et de réunions techniques. Des occasions pour moi d’apprendre en temps réel. Voilà bien un paradoxe assez drôle de la politique : il faut de nouvelles têtes issues de la société civile avec un regard neuf, il est parfois tellement neuf qu’il en est naïf, ou présomptueux pour celles et ceux qui ne veulent pas avouer leur méconnaissance de l’institution dont ils briguent pourtant un mandat. Etre élue à la région offre un éclairage précieux sur les politiques nationales et européennes et leur traduction sur nos territoires : cela permet de les défendre précisément dans des instances dont les fonctionnaires habitués n’ont parfois qu’une vision très technocratique.

 

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