Comment parle-t-on d’action sociale ?

[EXTRAIT – BORDEAUX EST AVENIR]

Lundi matin. On fantasme toujours sur les lieux apparents de pouvoir. Je n’étais pas adjointe, je n’étais donc pas invitée aux réunions d’adjoints. Ce matin-là, Véronique Fayet y présentait le Projet social et la synthèse de nos travaux en cinq minutes : méthode, gouvernance, principales actions… Elle réussit sans problème à le faire valider. Sa méthode était simple : évoquer le plus concret, le plus innovant, le plus distinctif. J’ai longtemps fait l’inverse ensuite, en évoquant le plus stratégique donc le plus conceptuel, le plus difficile, le plus risqué, le plus créatif donc le plus « en devenir ». J’ai compris très tard que le mieux est l’ennemi du bien, que les réunions d’adjoints sont des lieux où l’on parle de ce qui avance, pas des moyens de faire mieux avancer grâce au collectif. Et puis, ce qui se dit dans cette instance dépend aussi de l’humeur d’Alain Juppé. On le comprend vite, on s’expose alors moins ; les vrais débats sont rares. Les décisions se prennent ailleurs.

Forum social : entre nous

La vie de la cité est rythmée par des évènements annuels qui rassemblent des publics par centres d’intérêts : le Forum social était l’un d’eux. Organisé autour d’ateliers et de stands, il s’achevait par un grand débat avec Alain Juppé et quelques invités de renom. Il y a toujours eu du monde : c’est une occasion unique de retrouver tous ceux qui font l’action sociale dans la ville. Le grand public n’y participait jamais beaucoup, ce qui m’a rendue assez vite perplexe. Faut-il maintenir des évènements peu populaires mais courus par les spécialistes ? Plus tard, j’annulerai cet événement en transférant ainsi le budget qui lui était consacré au profit de l’aide directe aux associations. Je garde un soupçon de regret d’avoir franchi le pas : se réunir est un moyen simple de se compter et de se reconnaître.

Le Projet social m’a permis de trouver une dynamique, d’agir concrètement, de me frotter aux acteurs de terrain, d’y trouver des alliés indépendants et exigeants. A l’éducation, aux transports et autres enjeux urbanistiques, thématiques dans lesquelles j’ai acquis progressivement une bonne connaissance ces dix dernières années, j’intégrais peu à peu la question sociale à travers l’entrée du logement et de l’hébergement. A mesure que j’apprenais, je me faisais connaître.

La suite mercredi prochain

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