Le moment du vote

[EXTRAIT – BORDEAUX est AVENIR]

Juste avant le vote

Dernier soir de campagne. Elle prend la parole, c’est la numéro cinquante. L’un de ces numéros charnières qui vous permettent d’être élu uniquement si le score est vraiment très bon. Nous préparions une chanson pour une soirée festive de congratulation pour tous ceux qui avaient participé à la campagne depuis des semaines. Elle prend la parole, elle dit qu’elle ne sera sûrement pas élue mais que l’aventure fut belle et qu’elle en restera marquée à vie. L’émotion sincère est palpable en nous tous. Elle sera finalement élue, elle l’est d’ailleurs toujours. Sa joie le soir des résultats, saisie par le journaliste de Paris Match, était la synthèse parfaite de ce que nous ressentions tous alors.
Après douze heures d’attente, derrière une urne dans un bureau de vote, j’ai assisté et surveillé le dépouillement avec mes assesseurs. Nous étions d’ailleurs nous même surveillés par des personnes habilitées à le faire, pour garantir que tout serait conforme.
Gilles B et le maire étaient derrière des écrans, analysant les résultats qui tombaient les uns après les autres de chaque bureau de vote et qui leur étaient apportés au fur et à mesure. La victoire fut acquise assez vite. Nous avons gagné avec un pourcentage qui a donné à Alain Juppé, j’en suis certaine, la sérénité qui inspire le désir de renouer avec son destin.

Juste après les résultats

Sur les quais. Dans un lieu de fête populaire. Au milieu d’une clientèle amusée par notre présence inhabituelle. Chacun est surexcité, surtout les nouveaux, dont je suis, qui ignorent tout de la suite. Une victoire à 56,6 % au premier tour. Alain Juppé est assis, très calme, au milieu de nous. Il prend un thé et il nous quittera à 23h30.
Car la campagne n’est pas finie, il reste le deuxième tour dans toutes les autres communes de la Cub : la présidence de l’intercommunalité en dépend. Et puis surtout, il faudra « faire ce qu’on a dit » dès le lendemain.

La campagne est un temps béni, un moment subjuguant de rencontres et de possibles. Mais c’est un trompe-l’œil merveilleux : l’essentiel commence le lendemain. Une campagne est un temps éphémère et marginal. Alain Juppé le sait mieux que personne, depuis toujours ; je l’apprendrai moi dans la semaine qui suit.

La suite mercredi prochain

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