Logement social  – Réponse à Vincent Feltesse

Vincent Feltesse sur face book https://www.facebook.com/vincent.feltesse/s’exprime sur le logement social à Bordeaux en mettant en avant une série d’arguments critiques auxquels je souhaite apporter des réponses précises. J’ai reçu Nicolas Guenro à sa demande il y a déjà quelques mois. J’accepte toutes les demandes de l’opposition comme de chaque citoyen. La transparence et la confiance sont deux règles d’or dans la vie politique. Sur le logement social en particulier, je ne renonce à aucun dialogue.

Je veux d’abord vous rappeler trois éléments majeurs :

  • En 2014, pour les dernières élections municipales, la liste conduite par Monsieur Vincent Feltesse prévoyait 30 % de logement social en 2025, ce qui n’était réalisable qu’à la condition résolutoire que 100 % des logements des nouveaux quartiers soient sociaux. Nous (et je) n’aspirions pas du tout à cela. Nous sommes résolument pour la mixité sociale et fonctionnelle.
  • En 2012, François Hollande promettait que 150 000 logement sociaux seraient produits chaque année au niveau national, moins de 100 000 en moyenne sur les 5 années auront été en réalité produits. Dans le même temps les financements directs de l’Etat au logement social étaient baissés drastiquement : plus de subvention au PLUS et une aide au PLAI passée de 12 à 8 000€ par logement. Les finances locales et des bailleurs sont donc mises à contribution pour compenser et poursuivre notre politique locale de développement de la production.
  • Enfin, la production de logement social est une politique publique d’une complexité inouïe car elle exige un travail partenarial, notamment financier, de toutes les institutions avec les bailleurs, les promoteurs (souvent)…

 

Et puis gardons en tête 4 réalités :

  • Les gens modestes n’habitent pas tous du logement social, beaucoup d’entre eux vivent aussi dans du logement privé accessible que la ville peut également contribuer à réhabiliter par le biais de ses dispositifs (OPAH…)
  • La ville de Bordeaux n’a pas un passé industriel et n’a donc pas eu de vague de construction massive de logement social. Elle ne fut surtout pas détruite par des bombardements durant la guerre. Notre ville, déjà construite, ne peut donc accueillir du logement social qu’en diffus en volumes limités ou dans les nouveaux quartiers en masse.
  • 70 % des Français pourraient vouloir un logement social ; ils en ont le droit au regard de leurs revenus.
  • Le taux de logement social dépend de la construction du logement neuf, or Bordeaux est très attractive donc notre taux avance faiblement. A Bordeaux le taux est passé de 14,7 en 2006 à 17,26 en 2016, soit 2,5 points. Dans la même période, et malgré une production très tonique, la métropole est passée de 21,1 à 23,03, soit 2 points. C’est bien la preuve que les tendances sont longues à infléchir.

Enfin, l’année de livraison 2016, non encore comptée dans la loi SRU, permettra d’apporter un nombre record de 1 200 nouveaux logements sociaux à l’offre existante sur Bordeaux.

 

Enfin, quelques éclairages pour éviter de sombrer dans la caricature :

  • Paris n’est pas comparable à Bordeaux. Tout d’abord Paris c’est 19,09 % de logements sociaux en 2015. De plus, Paris, en plus de sa politique de production (essentiellement axée le principe d’acquisition-amélioration), a pu alimenter son taux SRU en conventionnant un gros volume de logements déjà existants qui disposaient de loyers limités, en gardant les locataires en place. Ces conventionnements de logements sociaux « de fait » permettent d’augmenter le taux mais pas l’offre de logements sociaux puisqu’ils sont déjà occupés. A Bordeaux une telle mesure est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre, la ville étant constituée en majeure partie d’échoppes et non d’immeubles comme à Paris… A Bordeaux, il existe ainsi 1 000 logements (soit environ 0,7 points de taux SRU) au Grand Parc répondant aux critères de loyers sociaux et d’occupation sociale mais non conventionnés car ils appartiennent à une SEM et non un bailleur social.
  • Les questions de logement ne doivent surtout pas se résumer à celles liées à la production de logement social. Elles interrogent les constructeurs, la qualité de la construction (construire plus vite en plus grande quantité mais pas moins bien), la réversibilité et l’adaptabilité des logements (pour s’adapter à une demande qui mute très vite ; hier on occupait un logement toute sa vie sans divorcer, aujourd’hui le besoin de logement pour une même famille a considérablement explosé), le poly-usage des logements et pas le suivisme de chaque demande individuelle.

 

Monsieur Vincent Feltesse a fait vite pour écrire ce post en doublant la politesse à ses collègues de l’opposition… Trop vite.

Finalement, ses remarques étonnent car il connait bien tous ces arguments pour avoir été président de la Communauté urbaine de Bordeaux. Au fait, à l’époque en 2010, 3100 logements sociaux étaient produits par an, en 2016 c’est 3581 sous la présidence d’Alain Juppé. Et c’est important car le logement social c’est la Métropole et l’Etat qui ont surtout la clé de leur développement.

ANNEXE – Délibération Aude à la production de logement social – Réponse à V Feltesse 04.05.2017

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